
Je m’appelle Panita… je suis originaire de Thaïlande. Je suis mariée et mère de deux enfants franco-thaïs : Pierre-Siam 5 ans et demi, ancien des Petites Canailles et Mina un an et demi, la deuxième Petite Canaille de la famille. J’étais étudiante à Clermont quand j’ai appris l’existence de la crèche parentale. C’était un reportage à la télé sur le fonctionnement d’une crèche parentale à Paris. J’ai vu des parents et des professionnels qui s’occupaient ensemble des enfants. Les parents partageaient des tâches de toute nature et participaient au Conseil d’Administration… C’était l’affaire d’une grande famille en quelque sorte. Tout de suite, le principe m’a séduit et je me suis dit qu’un jour mes enfants iront aussi en crèche parentale. La première fois que je suis allée à la crèche « Les Petites Canailles », c’était pour visiter. Et là, j’ai vu un melting-pot dans une société en miniature ! Ils étaient tous différents… les jeunes parents et les moins jeunes, les Français et les étrangers, les gens de différents métiers, différentes croyances, différents styles de vie… Vous imaginez la richesse de cette crèche. Les années passées aux Petites Canailles on été pour moi une période de rencontres, de découvertes, d’échanges, et d’entraide. Comme j’étais étudiante, je n’avais pas beaucoup l’occasion de côtoyer d’autres milieux. J’ai aussi appris pas mal de choses sur la petite enfance avec les professionnels. Comme j’étais jeune maman et loin de ma famille, leurs conseils m’ont bien été utiles. La permanence d’une demi-journée par semaine aussi m’a permis de m’occuper des enfants et finalement de mieux comprendre les miens…

La réunion pédagogique est une réunion dédiée à l’enfant, où parents et professionnels échangent autour d’un thème choisi. Pour être exact, il s’agit de la seule réunion qui lui soit entièrement consacrée. Dans un fonctionnement associatif où nous, parents, ne sommes plus consommateurs mais acteurs, nous nous retrouvons impliqués dans de nombreuses réunions et assemblées dont le thème exclusif est la gestion et la pérennité de la structure. La réunion pédagogique est une petite bouffée d’air frais qui nous recentre sur la raison première qui nous a fait nous réunir, à savoir les enfants et notre parentalité. Chacun ayant sa propre relation avec l’enfant et sa propre sensibilité, il en résulte autant d’informations que d’adultes présents. L’équipe d’animation et les autres parents pourront apporter des réponses, faire profiter de leur savoir et de leur expérience. Ces échanges sont des moments extrêmement enrichissants, car ils nous permettent aussi d’en apprendre plus sur les autres enfants, avec lesquels on vit pendant une demi-journée par semaine. Il n’est pas rare d’ailleurs que les interrogations des autres parents deviennent aussi des sources de réponses à des questions que l’on ne s’est pas encore posées. Pour conclure, je dirais simplement qu’un des intérêts majeurs de la réunion pédagogique réside dans le fait que même si notre rôle de parent consiste à accompagner l’enfant dans sa vie, cette tâche devient plus simple lors qu’à notre tour nous sommes accompagnés dans cette démarche par les professionnels et les autres parents.
Cahier d’Espérances

Publié sur Etats généraux de l’économie sociale et solidaire (http://www.pouruneautreeconomie.fr) http://www.pouruneautreeconomie.fr/...
Extraits
Etre parent en zone rurale, c’est encore plus difficile, bien souvent les mères cessent leur activité professionnelle car il n’y a pas de structures d’accueil pour leur enfant et que les trajets vers le lieu de travail sont trop longs et coûteux. Ces jeunes mamans se retrouvent très souvent seules avec leur bébé à la maison car il n’existe aucun lieu de rencontre pour échanger et partager ses expériences de vie comme on peut le faire plus facilement en ville. On peut se retrouver bien seule ; la famille est très souvent loin, les voisins sont très souvent âgés, les commerces peuvent être loin également. Ce n’est que lorsque l’enfant atteint l’âge d’entrer à l’école maternelle qu’une vie sociale va pouvoir se construire. Il aura fallu attendre 3 ans !!! Trois ans c’est long lorsque l’on est seule avec un bébé … Synthèse de mon indignation en une seule phrase : Etre jeune parent en milieu rural aujourd’hui c’est bien souvent synonyme de solitude sociale.
Suite à des expérience de vie similaire de solitude sociale, nous avons créé une association : Enfants, Parents et CAmpagnie ! Nous sommes trois mamans issus de commune rurales sur le territoire de la communauté de commune de Billom Saint Dier, Les missions de l’association : Accompagner la parentalité, rompre l’isolement social en milieu rural et favoriser les liens intergénérationnels. Nous installons des après midi jeux gratuits sur les communes rurales du territoire. Une moyenne de 80 personnes à chaque fois, sur des communes de 100 à 400 habitants ! Nous avons ouvert un Lieu d’accueil Enfants Parents « le café des familles », ouvert deux vendredi matin par mois, de 9h à 12h au rez de chaussée de la mairie de Saint Dier d’Auvergne... Aujourd’hui, la fréquentation ne désemplit pas, nous accueillons une moyenne de 8 enfants et 8 parents à chaque fois au café des familles !
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Nathalie raconte son parcours et expérience en crèche
Je souhaite témoigner d’une aventure associative telle que celle que je vis actuellement en tant que présidente d’un multi-accueil et qui réveille en moi d’autres aventures qui m’ont guidé vers cette dernière.
Je suis une maman de 4 enfants, vivant dans une petite commune de 4246 habitants. Le choix d’aller vivre en milieu rural a fait partie de ce chemin associatif.
Je suis comme on dit une ménagère de moins de cinquante ans… Je suis en congé parental depuis maintenant plusieurs années…Pourtant, j’ai plein de trucs à raconter ! Je suis présidente d’une association qui gère un multi-accueil.
Un cheminement : tout ne s’est pas fait en un jour…
...à la naissance de mes enfants, les notions de partage, de respect des individus tels qu’ils sont pris encore plus de place dans ma vie. Dès leur arrivée, des évidences sont apparues : notions de partage d’amour, de respect des individus tel qu’ils sont : tous petits, petits et grands ! Sans la naissance de mes enfants, je n’aurai sans doute pas pris ce chemin là.
Puis l’envie de participer à la vie locale, d’être acteur du dynamisme associatif de ma commune a été comme évident. Je suis donc devenue présidente de l’association « Les Petits Dômes » multi-accueil associatif à gestion parentale. Je crois qu’à l’époque, je ne savais pas vraiment où j’allais ! Mais j’étais sûre d’une chose : qu’il fallait faire les choses ensemble, mutualiser les efforts et ne pas « lutter contre » mais « aller ensemble » … Dans une petite commune comme la nôtre, le président d’association et notamment celui « de la crèche » fait office de référent auprès des instances locales : conseil municipal, permanence PMI, Relais Assistante Maternelle, Communauté de Commune... Le président de l’association c’est aussi un employeur, avec les membres de son bureau nous gérons l’administration, la comptabilité et l’organisation d’une crèche et d’une halte-garderie. Cette fonction n’est pas toujours évidente à tenir mais c’est un enrichissement humain qu’on ne peut pas comparer. En janvier prochain, je vais quitter ma fonction, non sans tristesse car en deux ans des liens très forts se sont construit avec les autres bénévoles de l’association. Je vais laisser ma place à d’autres jeunes parents en espérant qu’ils en recevront autant de plaisir que moi.
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Quand l’enfant paraît, se pose alors de fait la question des choix et priorités en matière d’éducation :
Que privilégier ? Qu’encourager ? Que réfréner ? Que valoriser ?
Je crois que ces questions, nous parents, nous nous les posons tous, de façon plus ou moins articulée, de façon plus ou moins claire... et chacun nous y apportons des réponses, ou des tentatives de réponses.
Pas toujours facile d’être cohérent avec nous même, avec l’autre parent...
Quand on est parent en crèche parentale, bien sûr on arrive avec toutes ces tentatives de bidouillage, avec cette ligne directrice plus ou moins droite, plus ou moins achevée, plus ou moins constante, avec cette façon d’éduquer que quelquefois nous ne savons même pas nommer mais qui est la « marque de fabrique » du parent en devenir que nous sommes._
...il faut faire preuve d’adaptation et d’ouverture : « Ah bon ? Lui, il pense comme ça alors que moi, je pense le contraire ? Tiens, celui là, ça le choque que je dise ça ? » Car, être parent en crèche parentale, c’est vouloir interroger et s’interroger sur la parentalité, sur les multiples façons de s’en arranger avec l’enfant : celui qu’on a été, le sien, celui des autres..._ ... ce que l’on fait avec lui n’est pas tout à fait ce qui se dit ou se fait à la maison, et appartient à ce territoire particulier à mi chemin entre la famille et la société, entre le dedans et le dehors qu’est la crèche.
Il faut donc s’entendre, c’est-à-dire à la fois s’écouter et se mettre à peu près d’accord.
Le projet éducatif que nous avons élaboré a donc été pour nous l’occasion de nous pencher concrètement, en séances de travail, sur une harmonisation de notre présence en tant que parent, sur les priorités éducatives que nous voulions donner sur le territoire de la crèche, en concertation avec les professionnels du lieu qui se font les témoins de cette unification et qui la traitent aussi plus ou moins à leur image, dans le sens où même si ils se mettent d’accord sur une façon de faire, chacun intervient aussi en fonction du parent qu’il est à l’extérieur, ou de l’enfant qu’il a été, ou de ce qu’il pense en matière d’éducation.
Donc, que de rencontres autour d’un lieu de vie et de partage consacré à la petite enfance !
Le jeu en vaut la chandelle !



