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Accueillir, c’est recevoir

Extraits de l’intervention de Frédéric Jesu

 [1]

(...) "Sur les nouveaux arrivants : 75% des nouvelles installations sont des familles, 22% de retraités.
Leurs motivations sont :
- Le prix attractif du foncier,
- La recherche d’un cadre de vie de qualité et agréable, « bon pour les enfants »,
- Le lien structurel entre intégrer le monde rural et agrandir la famille,
- La présence des enfants qui naissent pourrait induire un rapprochement des familles.

La famille ne se résume pas à la présence d’enfants (enfant-roi, l’enfant au centre) : la famille, c’est d’abord plusieurs générations (4 voire 5 générations).

La part du plaisir est primordiale : prendre du plaisir à ce qu’on fait ; les rencontres ou les mutations peuvent être guidés par le plaisir.

Hypothèse

L’intégration de la famille est acquise à l’adolescence quand les jeunes se rencontrent (régénérescence des territoires par les jeunes qui se rencontrent, une certaine intégration se manifeste).

Quelques idées fortes

Depuis 10/15 ans, l’exode est urbain, les pôles urbains perdent des habitants. Le péri urbain stagne. Pourtant, le développement rural se distingue du développement agricole.

Ces migrants amènent à faire circuler des populations urbaines. Émergence de nouvelles attentes et donc de propositions. Ces arrivées suscitent des tensions. Ces nouvelles arrivées entraînent des articulations entre culture et nature. Penser les loisirs en terme éducatif plutôt qu’en « oxygénation » des enfants. La nature et le contenu des projets éducatifs vont devoir être ouverts et modernisés.

Le vieillissement de la population peut être une véritable opportunité d’entraide ou de mobilisation des ressources. Il peut devenir pesant en particulier pour les femmes (qui peuvent être confinées auprès des enfants et des personnes âgées dépendantes).

Les nouveaux arrivants contribuent à des rapprochements urbain-rural. Elles cristallisent des demandes qui montrent que la question de l’éducation des enfants est en voie de se moderniser. Les principales demandes des familles : sont d’une part les services aux enfants, et d’autre part l’accès au haut débit (cf. enquête de Mairie-Conseil en 2004). _
Les familles, présentes depuis longtemps en milieu rural, sont plus résistantes à participer aux activités associatives. L’implication dans la vie associative (qui peut déboucher sur des engagements politiques) permet à des familles de s’intégrer. Les difficultés des familles mono-parentales sont plus importantes (en particulier en termes d’aménagement du temps).

La structuration des familles modifie l’habitat qui est alors à repenser. Il faut identifier les besoins humains. Les termes d’isolement, de proximité et de rapprochement sont des termes qui reviennent sans cesse en milieu rural. Il est important de considérer les jeunes comme des sources de solution et non comme des problèmes.
Il s’agit de créer et développer des activités collectives partagées sur place, génératrices de relations et de liens sociaux : fêtes, repas (de crèche, de village, de quartiers, d’école), café de parents, groupe de parents, lieu d’accueil parents-enfants, ludothèque… etc. qui permet de relier les gens entre eux à partir d’un plaisir partagé. Les temps éducatifs doivent être portés par les acteurs, exemple de l’intergénérationnel.

Il en résulte une nouvelle façon de concevoir les projets. Il faut faire de l’arrivée des nouvelles populations une richesse pour les habitants de souche. « Accueillir, c’est recevoir, mais d’une certaine manière. » Il y a une notion de « transitivité » dans l’accueil où chacun a un chemin à faire vers l’autre (...)"



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[1] Pédopsychiatre- consultant - politiques enfance, familles, éducation, développement social - lien



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